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Se relever dans le noir absolu : Continuation

  • Photo du rédacteur: KILLIAN BREVARD
    KILLIAN BREVARD
  • 27 oct. 2025
  • 3 min de lecture

Apprendre n’a rien de simple.

Il suffit d’un léger tremblement pour que tout un château de cartes s’effondre.

C’est ce que j’ai ressenti, juste après la sortie de mon premier volume.



J’avais commencé cette histoire trois ans avant la sortie du premier volume. C’était bancal, maladroit, mais sincère. Je lis peu de vrais livres, certes, ça n’allait pas forcément m’aider. Mais moi, j’ai besoin que ça bouge, sans s’arrêter, que le réel se mélange à l’impossible sans me limiter sur un format dénué de sens. Reproduire, c’est s’effacer. Je veux écrire des mots et des phrases qui m’appartiennent. Ce qui vient à l’instinct, c’est ce qui vient de soi.


Mes tous premiers jets étaient peut-être écrits dans l’inconnu. Des détails comme le « Tsk » de Yoru sont devenus des repères trop faciles. Il y a pourtant bien plus dans ce personnage que ce simple tic qu’on retient pour le reconnaître. Ces premiers personnages étaient-ils trop plats ? Ou simplement pas encore assez façonnés pour se porter sur un format de premier roman. 


Je voulais, certes, un premier volume qui monte lentement en intensité. Les premiers chapitres contiennent beaucoup de discussions, mais peu d’action — je voulais avant tout ne pas perdre le lecteur. Sauf que le premier lecteur, c’était moi, et ma perception du monde est différente. J’ai coupé à travers champs, un trajet hors des routes praticables. 


Une fois la base du volume un suffisamment solide, j’ai commencé à écrire le deuxième, puis le troisième, en modifiant et en adaptant sans cesse, avec déjà les idées claires pour aller jusqu’à la fin. J’ai fini par laisser le premier tome là où il en était. Comparé aux autres, il ne me plaisait plus autant que tous ceux à venir. Et à force d’alterner entre prendre de l’avance et corriger le début, je me suis perdu. J’ai davantage corrigé que réécrit, et c’est sans doute ce qui a conduit à quelques erreurs de grammaire ou de cohérence.


Quelle idée de commencer par publier le premier tome d’une série de neuf volumes ! Entre ce que je voulais, ce que j’imaginais et ce qui était réellement possible avec la maison d’édition, il y avait un gouffre. J’ai toujours peur, et j’ai ce besoin constant de comprendre ce qu’il se passe. Même en s’informant, c’est différent quand on le vit soi-même. Rien n’est vraiment comme les autres le décrivent. Communiquer, comprendre, c’est difficile. J’avais cru qu’il y aurait plus de temps, plus d’échanges pour me guider. Que je pourrais expliquer mes choix, mes personnages, mes intentions. Si le logo a légèrement changé, c’est car je garde tout pour moi, si je l’avais partagé plus tôt, j’aurais su que les kanji n’étaient pas parfaits. Promouvoir son propre livre, seul, avec la peur en toile de fond et la fierté d’origine éteinte… c’est devenu encore plus impossible que je l’avais pensé.


Pareil avec mon illustratrice. Parmi les artistes que je suivais sur X (anciennement Twitter), elle était dans les premières. J’aimais son style mignon de dessins, et j’ai osé lui envoyer un message pour lui demander de me dessiner une image de profil. Et sur ce minime projet, le courant est bien passé. Quelques mois plus tard, je lui ai proposé de participer à ce grand projet, changeant de une petite icône de tête mignonne à une trentaine d’illustrations grand formats. Passer de la première à la cinquième, c’est possible, mais pas l’idéal. Ce n’est pas non plus son métier, donc l’avancée des illustrations est lente, mais c’est exactement le genre de personne que je voulais aider et travailler avec. Le vrai seul problème, c’est qu’au fond, on ne se connaissait pas assez. Et même si je parle assez bien anglais pour échanger, expliquer pleinement mon histoire et l’adapter en dessin, c’est autre chose. J’ai aussi réalisé avoir fait des erreurs dans mes attentes : j’ai voulu trop de personnages sur une même illustration, au lieu de vraiment cibler un moment ou un personnage précis.


Apprendre n’a rien de simple.

Il suffit d’un bref mouvement pour détruire son château de cartes.

J’ai baissé les bras… pour quelques minutes. 


Au fond, ce n’est pas un échec. Je sais ce qu’il vient après. C’est pas en regardant le sol à peine bétonné qu’on se dit qu’on va y vivre. Il manque les murs, l’eau, l'électricité, le toit, les meubles, les clôtures, le jardin et même un petit chat. J’écris une histoire qui veut s’approprier l’esprit shōnen, comme celle qui a sauvé ma vie. Je dois l’adopter moi aussi. 


Ganbare ! Akiramenaide !


 
 
 

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